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    Hélas ! dis-tu, la froide neige
    Recouvre le sol et les eaux ;
    Si le bon Dieu ne les protège,
    Le printemps n'aura plus d'oiseaux !

    Rassure-toi, tendre peureuse ;
    Les doux chanteurs n'ont point péri.
    Sous plus d'une racine creuse
    Ils ont un chaud et sûr abri.

    Là, se serrant l'un contre l'autre
    Et blottis dans l'asile obscur,
    Pleins d'un espoir pareil au nôtre,
    Ils attendent l'Avril futur ;

    Et, malgré la bise qui passe
    Et leur jette en vain ses frissons,
    Ils répètent à voix très basse
    Leurs plus amoureuses chansons.

    Ainsi, ma mignonne adorée,
    Mon cœur où rien ne remuait,
    Avant de t'avoir rencontrée,
    Comme un sépulcre était muet ;

    Mais quand ton cher regard y tombe,
    Aussi pur qu'un premier beau jour,
    Tu fais jaillir de cette tombe
    Tout un essaim de chants d'amour.

     

    François Coppée (1842-1908)

    Le mois de février

    Recueil Les Mois (1878)